Le principal journal quotidien polonais "Gazeta" n'a pas manqué son 1er avril cette année, en effet dans un pays où le parti conservateur LPR (Ligue des Familles Polonaises), dirigé par Roman Giertych, présent dans l'actuelle coalition de droite, lutte contre toute forme d'avortement légal, "Gazeta" vient de pousser le bouchon assez loin en se servant des idées extrémistes dans cette matière. En Pologne, chaque citoyen possède un numéro de sécurité sociale appelé PESEL, composé de 11 chiffres, parmi lesquels les 6 premiers indiquent intégralement la date de naissance; le journal avait annoncé qu'un groupe de députés liés à une station de radio "Radio Maryja" contrôlée par le clergé et les milieux ultra-conservateurs, aurait été sur le point de déposer un projet de loi visant à modifier les modalités d'attribution de ce numéro. La manoeuvre anti-avortement consisterait désormais à antidater ce numéro PESEL de 9 mois par rapport à la date d'accouchement en l'attribuant à l'enfant dès de la date conception présumée.
Ainsi une personne née à la maternité le 1er janvier aurait pris naissance sur le plan administratif le 1er avril de l'année précédente. Le but de cette manoeuvre ? Du point de vue juridique, devant l'impossibilité de modifier la constitution polonaise faute de majorité suffisante, essayer tout de même de délégaliser de facto l'avortement et de considérer comme un meurtre tout avortement effectué après la conception de l'enfant.
Toutefois, une question reste en suspend : l'enfant devra t-il fêter son anniversaire le jour où sa période de conception légale a commencé ou bien à la date où il a vu le jour ? L'auteur du canular suggère même que fêter son anniversaire étant plutôt une coutume ringarde, les Polonais devrait fêter davantage leur jour de fête correspondant au prénom de chacun. Dans le contexte politique actuel, le poisson d'avril a très bien réussi et de centaines de personnes se sont exprimées avec inquiétude sur le site web du journal à propos
de ces nouveaux projets de la droite ultra-conservatrice au pouvoir en Pologne.
Après le dernier référendum sur l'avortement au Portugal qui a permis de le légaliser dans ce pays si profondément croyant et oppposé farouchement à l'IVG, la Pologne semble rester le dernier bastion puissant de la lutte contre l'avortement au sein de l'Union européenne. L'énorme influence et l'omniprésence du clergé dans les institutions politiques et sociales de ce pays n'est certainement pas étrangère à cette réalité.
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commentaires
Je viens de voir qu'ils se sont bien cassés la figure les jumeaux Kaczynski sur le vote d'une modification de la constitution concernant la protection de la vie dés la conception visant à interdire formellement tout avortement !
Le président de l'assemblée a démisionné de ses fonctions et puis même de leur parti majoritaire, une sacré pagaille politique à venir avec toutes les alliances loufoques et une politique revancharde et partisane à gogo.
Avec une telle équipe au pouvoir l'Europe n'a pas fini de gérer des problèmes insurmontables au moment de toutes les réunions au sommet; les Polonais voulant en gros le beurre et l'argent du beurre; toutes les subventions possibles de Bruxelles mais en même temps aucune ou un stricte minimum de loyauté envers ses partenaires européens.